Madagascar : de la COP17 à l'action, les jeunes veulent faire entendre leur voix pour la biodiversité

Antsa Herizo Rakotoharisoa, responsable des communications au sein du
Malagasy Youth Biodiversity Network (Malagasy YBN)
À l'occasion de la 17e réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17), tenue du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie, de jeunes Malgaches ont pris part aux échanges internationaux sur l'avenir de la biodiversité. De retour dans leur pays, ils souhaitent partager les connaissances acquises et encourager une plus grande implication de la jeunesse dans la protection de la nature.
La participation des jeunes aux grandes rencontres internationales sur la biodiversité ne devrait pas se limiter à une présence symbolique. Pour être véritablement acteurs du changement, ils doivent aussi pouvoir partager les connaissances acquises, mobiliser leurs communautés et contribuer aux initiatives de protection de l'environnement dans leur pays.
C'est dans cette dynamique qu'Antsa Herizo Rakotoharisoa, responsable des communications au sein du Malagasy Youth Biodiversity Network (Malagasy YBN) à Madagascar, membre du Global Youth Biodiversity Network (GYBN), a participé à la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17), qui s'est tenue du 19 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie.
Pour elle, cette rencontre internationale a constitué une occasion privilégiée de dialogue et d'apprentissage. En échangeant avec des jeunes venus de différents pays, elle a pu découvrir d'autres expériences, partager des réalisations et mieux comprendre les défis auxquels les jeunes engagés dans la protection de la biodiversité sont confrontés à travers le monde.
Au-delà des discussions, ces échanges ont également permis de découvrir différentes solutions et initiatives susceptibles d'être adaptées aux réalités malgaches.

Faire profiter les jeunes Malgaches des acquis de la COP17
Pour Antsa Herizo Rakothoarisia, l'expérience acquise à Erevan ne doit pas rester individuelle. À son retour à Madagascar, elle prévoit de partager les connaissances et les enseignements tirés de cette conférence avec d'autres jeunes.
Un atelier de restitution est notamment envisagé afin de présenter les principaux échanges et résultats de la COP17, mais aussi de discuter de la place des jeunes dans la protection de l'environnement. L'objectif est de permettre à davantage de jeunes de comprendre les enjeux de la biodiversité et de s'inspirer des expériences partagées lors de cette rencontre internationale.
La diffusion de ces acquis passera également par les réseaux sociaux, un moyen supplémentaire de toucher un public plus large et de sensibiliser les jeunes aux enjeux de la préservation de la nature.
« Les jeunes peuvent faire la différence, à condition qu'on leur apporte le soutien et les moyens nécessaires pour agir », souligne Antsa Herizo Rakothoarisia.
Un message qui rappelle que la jeunesse ne manque pas de volonté ni d'idées. Encore faut-il lui donner les possibilités de concrétiser ses initiatives et de participer pleinement aux efforts de conservation.
Le financement, une condition pour atteindre les objectifs de biodiversité
La question des moyens financiers reste également centrale. Interrogée sur les conditions nécessaires à l'atteinte des objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, Antsa Herizo Rakothoarisia insiste sur l'importance des financements.
Pour elle, la mobilisation des ressources financières est indispensable pour permettre aux initiatives de protection de la biodiversité de se concrétiser et de produire des résultats durables. Le soutien aux organisations de jeunes apparaît ainsi comme un élément important pour renforcer leur capacité d'action.
Elle souligne par ailleurs que son organisation travaille en étroite collaboration avec le ministère chargé de l'Environnement à Madagascar.
La participation des jeunes Malgaches à la COP17 a notamment été rendue possible grâce au soutien du Programme de microfinancements du Fonds pour l'environnement mondial (SGP/FEM), mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
De la participation à l'action
La participation à la COP17 représente ainsi bien plus qu'une expérience internationale pour ces jeunes. Elle constitue une occasion de renforcer leurs connaissances, de créer des liens avec d'autres acteurs engagés dans la protection de la biodiversité et de rapporter de nouvelles perspectives dans leur pays.
Pour Madagascar, dont le patrimoine naturel représente une richesse majeure, l'implication de la jeunesse constitue un enjeu important. Mais pour que cet engagement se traduise en résultats concrets, les jeunes doivent pouvoir bénéficier d'un accompagnement, de financements et d'une véritable place dans les initiatives environnementales.
L'expérience d'Antsa Herizo Rakothoarisia illustre ainsi une ambition : faire en sorte que les échanges internationaux ne s'arrêtent pas aux conférences, mais se poursuivent au sein des communautés malgaches.
Ce reportage a été réalisé dans le cadre du programme de bourses « CBD COP17 Fellowship 2026 », géré par Informed Earth en collaboration avec l’Earth Journalism Network d’Internews.
Raveloaritiana Mamisoa